HISTORIQUE

DE LA

BOURGEOISIE

Bourgeoisie de St-Luc

Le Valais
Démocratique

Après les grandes invasions et l’instabilité qu’elles provoquent, est établi – aux IXe et Xe siècles essentiellement – un cadre social fondé sur le système féodal: contre une promesse de protection, le peuple accorde aux « seigneurs » des droits importants, à l’évêque en particulier qui est au sommet de la hiérarchie féodale.

Dès le XIIe et le XIII siècles pourtant, les communes réclament plus de libertés: elles négocient des franchises, en contreparties de leur soutien à l’évêque luttant contre la Savoie ou contre les « grands seigneurs », les Zaehringen, les « de la Tour » ou les « de Rarogne »; les communautés luttent aussi directement contre les seigneurs qui obtiennent parfois des appuis extérieurs au canton. Pour protéger et consolider leurs acquis démocratiques, les communes se regroupent en Dizains: Conches, Brigue, Rarogne, Viège, Loèche, Sierre et Sion. A l’intérieur des Dizains, les communes s’organisent elles-mêmes au point de vue administratif.

A l’initiative des «Patriotes», les Dizains se groupent en un «Conseil général de la patrie» (le «Landrat»), sorte de Confédération de petites républiques, et véritable contre-pouvoir au gouvernement de l’évêque, exprimé de façon institutionnelle par la création de la Diète, qui deviendra au XIXe siècle le Grand Conseil actuel. Naît aussi alors l’idée de «Patria Vallesia». Après un partage du pouvoir émaillé de nombreux rebondissements, l’évêque renonce à la «Caroline» en 1634, et les Dizains ont ainsi en commun la souveraineté temporelle du pays: ils vont y exercer un «droit souverain»: la démocratie est établie, la «Noblesse», de «guerre lasse», ayant aussi renoncé à ses prérogatives. L’organisation démocratique sera également vécue dans les communes.

Historique

Communes
et Bourgeoisies

Durant les premiers siècles de la démocratie valaisanne, les communiers sont surtout des natifs de l’endroit: ils sont des «bourgeois» héritant le droit de cité de leur commune d’origine. Les «non-bourgeois» deviennent de plus en plus nombreux, jusqu’à constituer au XXe siècle la grande majorité de la population, dans les villes en particulier. Pour permettre à tous les résidents d’exercer leurs droits démocratiques, il faut alors créer la distinction entre «commune d’origine» et «commune des habitants». L’évolution dans ce sens est accélérée en Suisse par le concept de «pouvoir municipal» transmis par la Révolution française et par les exigences de l’Acte de Médiation imposé par Napoléon aux Cantons confédérés en 1803. Par la Constitution fédérale de 1848 et celle de 1874, la commune politique devient juridique et effective.

Après des hésitations et des divergences, la Constitution valaisanne de janvier 1848 et la loi de juin 1851 introduisent le dualisme administratif: commune politique et commune bourgeoise, le Conseil bourgeoisial séparé n’étant pas une règle obligatoire; mais l’assemblée bourgeoisiale peut le demander. Les cadres formels de l’Etat concernant l’aménagement réciproque du statut des communes et des bourgeoisies sont alors établis.

Des modifications ultérieures sont précisées dans la loi-cadre de 1989. La bourgeoisie devient une société de fortune et de gestion, démocratique également, et garde incontestablement une forte valeur identitaire. De plus, pour obtenir la nationalité suisse, les étrangers doivent d’abord être agréés par une bourgeoisie valaisanne, ceci jusqu’en 2008, le droit d’agrégation étant alors transféré de la bourgeoisie à la commune, une modification importante. En 1967, les bourgeoisies valaisannes se sont unies en une Fédération qui prend leur défense et les encourage à contribuer au développement économique, culturel et social du canton. (source: Henri Maître)

Historique

Bourgeoisie
de St-Luc

La Bourgeoisie (lo kommùn) de St-Luc a été fondée avant 1312 alors que son coutumier date de 1327. Possédant de multiples infrastructures, elle avait une importance vitale pour la vie économique et sociale. Or, bien qu’entité juridique indépendante, elle fut toujours administrée par le Conseil communal composé de 5 personnes, dont l’un des membres avait la charge des affaires bourgeoisiales.

C’est dire que l’un de ses membres, notamment le président, pouvait ne pas avoir la qualité de bourgeois. Ses habitants, en outre, pratiquèrent des siècles durant la transhumance (remuage) entre St-Luc et Sierre occupant surtout le quartier de Muraz où ils possédaient de l’habitat, des terres agricoles et des vignobles. Mais la révolution industrielle en Valais, notamment l’ouverture de l’usine d’aluminium de Chippis au début du XXe siècle, eut pour effet la sédentarisation de la majorité de la population en plaine, générant ainsi un nouveau statut social: «l’ouvrier–paysan».

Un nombre croissant de bourgeois actifs n’étaient ainsi plus domiciliés sur la commune et se méfiaient du mélange des affaires municipales et bourgeoisiales. Une ambiguïté qui motiva la séparation des 2 conseils, décidée par un vote populaire en décembre 1984. Depuis cette date, la gestion du patrimoine bourgeoisial est assurée par un Conseil de 3 membres élus tous les 4 ans.